RELANCE ECONOMIQUE PAR LA DIVERSIFICATION ET LE TRAVAIL ACHARNE

Croissance de l'économie
Développement de l’économie

La date du 15 août 2019 a été marquée par la fête nationale congolaise, fête des 59 ans d’indépendance de la République du Congo. La commémoration de l’indépendance du Congo a été placée sous le thème de « la relance économique par la diversification et le travail acharné »

En effet, la situation économique actuelle du Congo est nettement dominée par une profonde dépendance à la production pétrolière qui constitue près des deux tiers du PIB avec 90% des exportations de marchandises et 75% des recettes budgétaires. Mais cette prépondérance encoure des risques exposés à la chute des cours du pétrole sachant que ce secteur ne crée pas suffisamment d’emplois. Au regard de cette situation, le Congo doit de ce fait diversifier son économie en privilégiant des secteurs prometteurs et créateurs d’emplois afin de développer efficacement et durablement son économie.

Dans son message adressé à la nation, le président de la République, Denis SASSOU NGUESSO a insisté sur la diversification de l’économie et le travail acharné, gage du développement du pays. L’accord conclu entre le Congo et le Fond Monétaire International (FMI) va justement permettre au pays de relancer son économie en améliorant la situation des finances publiques et de l’économie nationale.

LES ATOUTS DONT DISPOSE LE CONGO POUR DEVELOPPER SON ECONOMIE

Le Congo dispose d’énormes réserves d’hydrocarbures qui sont estimés à 1,6 milliard de barils de pétrole et 90 milliards de m3 de gaz naturel avec une production estimée à 350 000 barils/jour; à cela s’ajoute la récente découverte d’un important gisement pétrolier dans la région de la Cuvette. Une population relativement faible (5,2 millions d’habitants), un taux d’inflation estimé à 2,5% en 2019, une densité de 15,45 habitants/km2, un taux d’alphabétisation de 80,91% et un niveau d’urbanisation relativement élevé à plus de 65%, une croissance démographique annuelle élevée à +3,68%/an. En dehors de cela, le Congo dispose d’importantes ressources naturelles très riches dont les minerais, le pétrole, le bois ; et surtout le pays est doté en forêts tropicales, il dispose de vastes terres arables (dont on peut labourer et cultiver) qui représentent environ 31% de sa superficie totale.

La diversification de l’économie passe par deux éléments très importants : l’agriculture et la pêche. Le secteur agricole doit en effet être au cœur de l’économie car il représente une part considérable au PIB avec une estimation de 30 à 60% ; ce secteur constitue également une source conséquente d’employabilité pour une proportion significative de la population active de 40 à 90% dans la plupart des cas. L’agriculture et la pêche produisent la plus grande partie des denrées alimentaires de base et représentent une source de revenus et de subsistance pour plus de la moitié de la population du pays.

LES OBSTACLES AU DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE

L’économie du Congo demeure vulnérable avec un faible taux de croissance du PIB estimé à 1,00 % / an, les défis liés à la gouvernance et à la corruption qui persistent au Congo, les obstacles liés au manque d’infrastructures ; avec un taux d’électrification de 43% seulement ; il y a également le facteur humain, le pays ne peut se développer avec un taux de mortalité élevé, un taux de chômage élevé chez les jeunes et encore plus chez les femmes.

La dette élevée qui s’articule par une accumulation des arriérés de salaires entravent la confiance des investisseurs à venir développer le secteur privé dans un pays qui est fortement dominé par le secteur public qui cependant accuse le coup en termes de gouvernance et de prestation de services. Par conséquent, cette situation n’est pas favorable pour développer un bon climat des affaires. Les jeunes peinent à trouver des ressources et rencontrent des obstacles dans le développement de leur activité. Par exemple, au Congo, il faut 160 jours pour créer une entreprise alors que dans les autres pays, d’Afrique notamment, cela ne prend que trois voir un jour.

LE CONGO DOIT DIVERSIFIER SON ECONOMIE

« une diversification verticale contribuerait à compenser la baisse attendue de la croissance à partir de 2020 et à réduire la vulnérabilité du pays »


D’après Samba Bâ, économiste principal à la Banque Mondiale.

Le Congo doit à cet effet, ensemble avec le gouvernement, la population et toutes les parties prenantes, développer l’efficacité, le sérieux dans le travail, la rigueur pour sortir de façon définitive de la crise.

« (…) Il faut réussir à établir un véritable lien de confiance, sans quoi aucun changement ni aucune discussion ne sont possibles. Il faut être transparent, expliquer clairement pourquoi on agit de telle ou telle manière, réfléchir ensemble sur ce qu’il est possible de faire. Bref, communiquer avec les gens »


Murielle Hermouet, experte en développement local et décentralisation

Les populations ne doivent pas être perçues comme des récepteurs passifs mais plutôt comme des acteurs à part entière du développement du pays. Une participation massive de toutes les parties prenantes à la conception et à la mise en œuvre des programmes de développement est reconnue comme essentiel pour susciter un changement durable.

La diversification de l’économie passe par les principes clés de la communication pour le développement.

Le dialogue ; on communique avec la population plutôt que vers celle-ci. Il doit avoir un dialogue qui repose sur le partage des connaissances et des points de vue dans le but d’établir une relation de confiance entre les administrations publiques et le peuple.

Le consensus ; dialoguer sur un pied d’égalité avec les différentes parties prenantes dans le but de comprendre les perceptions, besoins, attentes et motivations de chacun.

La participation ; la participation des parties prenantes dans la définition du problème et la mise en œuvre des solutions est une condition clé de réussite de tout projet de développement.

L’appropriation ; l’implication active de tout le pays encourage la mobilisation, l’engagement et l’appropriation du projet à long terme.

Les résultats durables ; sans participation ni appropriation, les objectifs de diversification de l’économie sont rarement durables et la situation tend rapidement à revenir à ce qu’elle était au départ. Il est donc indispensable que les acteurs locaux de­viennent autonomes dans la prise en charge de leur propre développement, et qu’ils se sentent responsables du maintien des changements instaurés sans quoi aucune diversification ne sera possible.

LES FACTEURS DE DIVERSIFICATION DE L’ECONOMIE

Le Congo dispose des atouts majeurs qui vont lui permettre de diversifier son économie. L’ensemble de l’activité économique du pays repose dans le secteur public ; ainsi, le pays doit donc développer son secteur privé avec une bonne gestion des entreprises afin de générer plus d’activités économiques, de créer plus d’emplois et d’améliorer un bon climat des affaires qui doit reposer sur la transparence, l’efficacité et le dévouement.

Pour la Banque Mondiale (BM), le gouvernement congolais doit améliorer la politique industrielle du pays et mettre davantage l’accent sur le secteur agricole et la filière du bois. En évoquant les difficultés, l’institution internationale appelle le Congo à utiliser les technologies de l’information et de la communication (TIC) en vue d’améliorer l’acquisition des connaissances, la modernisation des outils de production et la gestion des industries comme la mécanisation. Dans son rapport  Changer de cap et prendre son destin en main, l’institution de Bretton Woods exhorte les autorités du Congo à  promouvoir l’industrie légère par la transformation locale des produits agricoles et forestiers tout en sachant que cette industrie dispose d’obstacles majeurs dont la disponibilité et la qualité des matières premières, les terrains industriels, la logistique, les compétences managériales, de la main d’œuvre et les financements.

Le numérique est au cœur du développement dans les secteurs publics et privés avec Internet qui constitue la base du secteur numérique dans tous les pays développés du monde. Les infrastructures technologiques telles que les réseaux de télécommunications, la fibre optique, les satellites et les systèmes électriques doivent d’autant plus exister de façon permanente pour permettre à tout le monde d’accéder aux informations fiables et rapides n’importe où et à partir de n’importe quel dispositif connecté.

Le Congo est une terre d’opportunités et cela doit se manifester par le travail, la formation, l’innovation, la créativité et l’accompagnement. Le rôle de la Banque Mondiale est d’accompagner le Congo dans sa marche vers l’émergence en développant des aspects importants comme la bonne gouvernance, la transparence financière et la participation de la population aux affaires du pays.

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