LA FINTECH : UN CONCEPT PAS SI NOUVEAU

13 Août

LA FINTECH : UN CONCEPT PAS SI NOUVEAU

La société congolaise est de plus en plus dominée par le système du digital banking avec mobile money et airtel money. La population appartenant à la classe des personnes non bancarisées qui n’avaient pas le luxe d’ouvrir un compte bancaire, peut à présent grâce au service du digital banking avoir des comptes bancaires à travers leur mobile. Cela nous renvoie à la fintech qui est un concept pas tout à fait inconnu.

BantHub Conférence

En effet, le 08 août 2019 s’est tenu la BantuHub conférence, une conférence sur le numérique et l’entrepreneuriat au cours de laquelle il était question de prendre conscience des enjeux des technologies financières (fintech) et des perspectives pour la république du Congo. BantuHub est une fondation à but non lucratif agissant pour la promotion des TIC et de l’entrepreneuriat juvénile au Congo. Leur mission se résume autour  de la sensibilisation, de la formation et de l’accompagnement. Selon Rajil VEMBE coordonnateur de BantuHub, le but est de faire du Congo une terre de technologie.

Rajil VEMBE Coordonnateur de BantuHub

La fintech est tout d’abord l’intrusion des technologies dans les services financiers. C’est un alliage entre la finance et la technologie et cela renvoie au digital banking ou si vous voulez au mobile banking. J’explique très bien ce concept dans mon article intitulé digitalbanking que je vous recommande de consulter en cliquant sur ce lien :https://technologies242.wordpress.com/2019/05/24/les-avantages-du-mobile-banking

En dépit du nom qui parait bien nouveau, la fintech n’est pas nouvelle en Afrique. La technologie ne cesse de prendre de l’essor à la vitesse de la lumière. Au regard de nombreuses réalisations technologiques qui ont vu le jour en Amérique, en Asie et en Europe ; l’Afrique reste cependant le premier continent à avoir développé les fintech pour la première fois au Kenya avec le service M-pesa lancé en avril 2007 par la société de télécommunication safaricom.

OÙ AGISSENT LES FINTECH ?

Selon un rapport du ministère des PME et du centre national de statistiques, le secteur informel a généré plus de 3000 milliards de francs CFA. Les ¾ des activités économiques sont donc dans l’informel et les fintech s’attaquent principalement à ce secteur qui représente une forte concentration de la population. En Afrique 80% de personnes ont un Smartphone et seulement 20% ont un compte bancaire. Par rapport à cela, vous comprenez que le taux de bancarisation est relativement faible et le rôle des fintech est justement de proposer des solutions bancaires à cette tranche de personnes à petits revenus et à des sociétés informelles non bancarisées leur permettant d’ouvrir des comptes mobile money et de faire des transactions (transfert ou retrait d’argent, achat de crédit, paiement de factures…) efficaces, sécurisées et à moindre coût.

LES FORCES DES FINTECH

Pour mieux comprendre les forces que représentent les fintech, il est d’un grand intérêt de parler du Kenya. En effet le Kenya, avec le service M-pesa a bien su tirer profit des fintech. En 2007 le taux de bancarisation au Kenya était de 27%, la même année que l’introduction du service M-pesa ; grâce à l’inclusion financière favorisée par ce service M-pesa, en 2017 le taux de bancarisation avait augmenté de 73% dont 98% des 73% utilise un compte mobile money, cela fait un total de 23 millions d’abonnés au Kenya avec le nombre de transactions qui s’élèvent à 1,5 milliards entre juillet 2016 et juillet 2017 ; en terme d’argent le système M-pesa a engendré 29 milliards d’euro soit 50% du PIB du Kenya. Vous comprenez par-là que le secteur des fintech est en train de réaliser un boom et offre d’énormes perspectives en terme de business, d’usage et de sécurité car il est là aussi le problème, celui de la sécurisation des capitaux avec l’instauration de la régulation.

OBSTACLES DES FINTECH

L’inclusion financière favorisée par les fintech demande beaucoup de dispositions d’ordre techniques, politiques, juridiques, financières, fiscales et technologiques. Seulement quelques difficultés entravent son intrusion. Elles sont entre autres ; le manque des infrastructures de télécommunications, le coût de connexion qui reste bien élevé car l’accès de 20 Go de connexion internet coûte 35000 francs CFA au Congo. Le faible taux de vulgarisation par rapport aux fintech et les obstacles liés aux usages.

LES OPPORTUNITÉS APPORTÉES PAR LES FINTECH

L’intrusion des fintech vous offre plusieurs opportunités dont la plus en vue est la création d’emploi. En Afrique, plus de 3000 millions d’emplois directs et indirects ont été créés par les fintech. Elles sont au cœur de la transformation digitale au Congo car elles apportent des changements dans l’accès à la banque et aux services bancaires. Cette transformation peut être rendue effective au Congo car le pays dispose du plus faible taux de bancarisation de l’Afrique subsaharienne avec seulement 9% de la population adulte qui est bancarisée. Ce faible taux d’inclusion financière peut être rehaussé grâce à l’intrusion des fintech qui favorise la bancarisation et donne l’opportunité de toucher tout type de personne lambda lui permettant d’avoir accès aux différents services bancaires qui lui étaient autrefois inaccessibles compte tenu de la situation financière et géographique ; aussi les fintech ont permis la dématérialisation des usages et des contrats au niveau de la banque.

MENACES LIEES A LA FINTECH 

L’absence de régulation, le blanchiment des capitaux et le financement des activités terroristes, la cybercriminalité et le manque de traçabilité relative aux flux financiers.

La fintech aujourd’hui en Afrique apparaît comme le leader incontournable du marché financier et l’heure est à l’adaptation et à la mise en marche car les technologies ont une force de changement et de développement marquée par l’innovation et la diversification économique. De ce fait, s’imprégner de cette technologie des fintech se révèle être une puissance de développement massive auquel toutes les entreprises du secteur formel et surtout informel doivent saisir pour étendre leur activité et développer l’économie de notre pays.

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